Cancers : des référentiels indispensables à la bonne pratique médicale

Les référentiels constituent un enjeu majeur pour la bonne pratique médicale.

Gilles Salles, hématologue clinicien au CHU de Lyon, explique, lors des Rencontres de la Cancérologie Française (RCFr) 2016, l’importance des référentiels et l’outil majeur qu’ils constituent pour la bonne pratique médicale.

Des innovations exceptionnelles en hématologie et en onco-hématologie 
L’innovation la plus marquante, ces trois dernières années, en hématologie et onco-hématologie, est la découverte d’anticorps ciblés contre le lymphome hodgkinien, première maladie néoplasique guérie avec la radiothérapie, il y un siècle, et avec la chimiothérapie, il y a 50 ans. Ces « immune checkpoint blockers », les anti-PD1, donnent des résultats thérapeutiques exceptionnels et ont permis de sortir certains patients d’une impasse thérapeutique pour les amener à une guérison, voire à une espérance de vie prolongée avec des traitements peu toxiques.

Les référentiels, un outil pour la bonne pratique médicale
Les référentiels de bonnes pratiques, en cancérologie, consistent en un texte, un document ou un outil permettant au cancérologue de choisir le meilleur traitement pour un patient donné, dans une situation donnée, au regard des données actuelles de la science. Ces référentiels, mis en place il y a de nombreuses années en France sous la forme de « standards options recommandations », sont enrichis et émanent de différentes sources, avec la volonté et le projet de la Haute Autorité de Santé (HAS) d’en labelliser un certain nombre.

Cet outil est devenu indispensable à la pratique médicale compte tenu de l'évolution rapide des connaissances et de la diversité des situations pathologiques auxquelles les professionnels de santé, tout comme les pharmaciens, sont confrontés. Les référentiels intéressent les patients car ils leur donnent un certain nombre d’indications, mais aussi les payeurs puisqu’ils donnent des notions de remboursement ou de bon usage du médicament.

Des difficultés dans la genèse et l’utilisation des référentiels
Les difficultés sont liées au progrès des connaissances en cancérologie. La plupart des cancers sont aujourd’hui divisés en une multitude de sous-cancers, voire de sous-entités dans lesquelles tel ou tel traitement paraît plus adapté que l’autre. Les précédents référentiels faisaient appel à un cancer donné, dans une situation donnée ; aujourd'hui, les médecins sont confrontés à un éventail de situations et de maladies pour lesquelles ils doivent proposer les meilleurs standards pour les patients. Cela réclame un niveau d’expertise de plus en plus élevé des contributeurs à ces référentiels.

La deuxième difficulté est l'évolution rapide des données de la recherche clinique qu’il s’agisse du démembrement des maladies, de l'identification des populations cibles ou de l’innovation médicale avec ses effets bénéfiques, mais aussi parfois ses effets secondaires. Nous voyons aujourd'hui de nouvelles avancées présentées, chaque mois, tous les six mois, dans les grands congrès internationaux. Un des enjeux est la mise à jour des référentiels de manière à ce que ces récentes données puissent être intégrées. Mais encore faut-il que les praticiens puissent avoir accès à ces nouvelles molécules qui ont montré un bénéfice très net dans telle ou telle situation.

RCFr, en savoir plus www.rcfr.eu

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