Cancer : le médecin généraliste, un point d’ancrage pour les patients

Le Dr Marie-Hélène Certain, médecin généraliste insiste notamment sur l’importance de bien communiquer entre les différents professionnels de santé, en ville et à l’hôpital, pour apporter un accompagnement adapté et efficace aux patients.

Entretien avec le Dr Marie-Hélène Certain, médecin généraliste, Collège de la Médecine Générale, qui explique le rôle majeur du médecin généraliste dans la prise en charge du patient avant, pendant et après le cancer. A l’occasion des Rencontres de la Cancérologie Française (RCFr), les 13 et 14 décembre 2016, à Paris, elle insiste notamment sur l’importance de bien communiquer entre les différents professionnels de santé, en ville et à l’hôpital, pour apporter un accompagnement adapté et efficace aux patients.

La caractéristique principale d’un médecin généraliste est qu’il intervient avant le cancer, dans le cadre de la prévention de la maladie ; pendant, de l’entrée de la maladie au suivi curatif ; et après le cancer. Cette caractéristique de la durée dans la vie du patient, qui peut avoir un et parfois plusieurs cancers, fait notre spécificité. On suit le patient et son entourage.

Une approche centrée sur le patient
Dans les prises en charge biomédicales, il y a une approche centrée « maladie », mais par la force des choses, les médecins généralistes ont vraiment une approche centrée « patient ». Les patients n’ont pas qu’une maladie, ils en ont plusieurs. Ces polypathologies, d’autant plus que les patients sont âgés, constituent notre quotidien. Nous devons mener en permanence une approche centrée sur le patient et évaluer ses besoins, hiérarchiser ses problèmes médicaux, élaborer des stratégies pour un vrai projet de santé adapté et personnalisé.

Des progrès thérapeutiques majeurs
Les traitements comme les techniques d’investigation des traitements du cancer ont permis de transformer une maladie aiguë et mortelle en une maladie chronique, voire même curable dans beaucoup de cas. Par contre, nous avons beaucoup à gagner sur la qualité de vie. Ce sont des traitements longs, très durs ; une meilleure qualité de vie et une prise en charge devraient être supérieures grâce à une meilleure coordination entre les acteurs. Il y a beaucoup d’intervenants pour les patients et, du coup, ils sont quelquefois un peu dépassés. Ils voient plein de médecins, ont beaucoup de consultations. Le fait d’avoir un médecin généraliste traitant qu’ils connaissent, qui a un point d’ancrage, qui peut expliciter des choses…, est un gain qualitatif pendant les prises en charge en phase aiguë de la maladie. Par exemple, bien adresser le patient, qui nécessite vraiment un pôle d’expertise, est un enjeu fort qui implique une bonne communication et des échanges entre les médecins généralistes et les équipes hospitalières, parce qu’il faut que les médecins généralistes disposent de tous les éléments d’information pour mieux accompagner leurs patients.

RCFr, en savoir plus www.rcfr.eu

Plus d’informations, http://www.lecmg.fr/internet/index.php