La e-santé, pour une meilleure coordination ville-hôpital

Le nombre d’applications santé commercialisées en France ne cesse d’augmenter. Sont-elles fiables ? Comment les données sont-elles utilisées ?

Le nombre d’applications santé commercialisées en France ne cesse d’augmenter. Sont-elles fiables ? Comment les données sont-elles utilisées ? Quid du respect de la confidentialité ? Beaucoup de questions sont encore sans réponse, ce qui n’empêche pas des spécialistes de travailler avec ces nouveaux outils pour mieux maîtriser les risques et améliorer la coordination ville-hôpital. 

Des applications pour améliorer l’accompagnement des malades
C’est le cas de Maya Gutierrez, oncologue médicale à l’hôpital René Huguenin (institut Curie). Son application APPLI-CHIMIO vise à surveiller les effets secondaires de la chimiothérapie orale, avec trois niveaux d’alerte (le premier fait intervenir le réseau de proximité et le dernier entraine une hospitalisation). Le premier test vient de commencer auprès de 100 malades qui vont les déclarer quotidiennement. Le deuxième test, prévu pour la mi-2017, s’adressera à 400 patients dont 50 % issus de déserts médicaux. « Les nouvelles technologies offrent un télé-suivi aux patients qui peuvent se prendre en charge de manière autonome. Et au moindre problème, le professionnel de santé est immédiatement prévenu et peut prendre contact avec le patient pour le conseiller, voire lui proposer une consultation pour régler le problème avant qu’il ne s’aggrave », affirme Maya Gutierrez.  

Fabrice Denis, radiothérapeute à la clinique Victor Hugo du Mans, veut rendre plus précoce le diagnostic d’éventuelles récidives dans le cancer du poumon. Il a développé l’appli MOOVCARE pour aider au suivi à distance des patients. L’analyse de certains symptômes transmis par le patient permet, en effet, de gagner 5 à 6 semaines pour la réalisation d’un scanner. Ce qui peut avoir un impact direct sur la survie.

Quant à François Lemare, pharmacien clinicien à Gustave Roussy, il a créé les fiches ONCOLIEN pour les pharmaciens d’officine. Son but est triple : faciliter l’observance, prévenir les interactions médicamenteuses et mieux gérer les effets secondaires de chimiothérapies orales. « Le but d’ONCOLIEN est de créer un réseau autour du patient avec les professionnels libéraux et les professionnels hospitaliers pour améliorer et faciliter la prise en charge des patients et les rendre plus facilement acteurs de leur prise en charge », indique-t-il.