Mieux combattre le cancer en dressant son « portrait moléculaire »

Gaël de Vaumas, Directeur de la rédaction

Les dernières décennies ont permis de très nettes avancées dans la lutte contre le cancer, puisque le taux de guérison avoisine désormais les 60%. En d’autres termes, la maladie est encore mortelle dans 40% cas. Mais de grands espoirs sont permis grâce à la possibilité de réaliser un portrait moléculaire, donc de mieux caractériser la tumeur et de proposer à chaque malade une thérapie spécifique. « Malheureusement », regrette le Professeur Jean-Charles Soria, Chef de service des Innovations Thérapeutiques Précoces, à l’Institut Gustave Roussy de Villejuif, « il existe aujourd’hui un hiatus entre l’accélération des découvertes scientifiques et la possibilité de les employer au quotidien dans la prise en charge des patients ».

Elaboration du portrait génomique de la tumeur pour une prescription optimale et raisonnée des traitements

Depuis une dizaine d’années, l’INCa a mis à la disposition des spécialistes 28 plateformes de génétique moléculaire sur l’ensemble du territoire national. Aujourd'hui, la réalisation du portrait génomique complet d’une tumeur coûte entre 3 000 et 4 000 euros par patient, tandis qu’un séquençage de 30 gènes revient à moins de 500 euros. « Cet investissement est clé pour une prescription optimale et raisonnée des traitements, ainsi que pour l’immunothérapie », ajoute le spécialiste. Il convient donc trouver le moyen d’intégrer ces connaissances dans la décision thérapeutique, d’autant plus qu’elles permettent de faire un choix éclairé concernant l’administration de traitements qui peuvent coûter plusieurs milliers d’euros par mois et par patient.

Interview réalisée à l’occasion des 9èmes Rencontres de la Cancérologie Française, à Paris, décembre 2016.

Gaël de Vaumas,
Directeur de la rédaction